fbpx

Etre une voix – Par le Pasteur Raymond Koffi

Etre une voix

Par le Pasteur Raymond Koffi

À certaines époques, une parole valait un homme. Elle était l’acte total, suprême, garanti par toute la vie. Il n’était pas nécessaire de signer, timbrer, légaliser. La parole comptait entre amis et ennemis, plus sacrée qu’aucun sanctuaire; et l’homme la maintenait, avec le sentiment obscur et juste qu’elle est à la base des sociétés, et que, si la parole perd son prix, il n’y a plus de société possible. Plus tard, la parole écrite fut considérée comme sacrée. Et toujours guidées par ce sentiment très légitime de la sainteté de la parole, les foules regardaient toute chose imprimée comme une parole d’évangile. Ces temps ne sont plus.

Nous avons trop menti, par la parole, la plume et la presse. Nous avons dit et imprimé trop de choses légères, fausses, sciemment défigurées! Armés d’un outillage qui multiplie la pensée et la répand aux quatre coins du monde avec une rapidité inconnue de nos pères, nous nous en sommes servis, surtout, pour calomnier plus largement et faire polluer sur la terre plus de renseignements douteux. Nous avons traîné la parole dans toutes nos boues, nous l’avons dénaturée et sophistiquée qu’elle ne vaut plus rien.

La confiance des foules dans la parole autorisée et sûre, qui est une des plus lentes et des plus difficiles conquêtes de l’humanité, nous l’avons perdue comme une chose sans prix.

Qui lui rendra sa puissance?

Ceux qui sauront se résigner à n’être qu’une voix !

Pour devenir une voix, il faut commencer par se taire. Il faut écouter. Le monde entier est une langue dont l’esprit est le sens. Qui que tu sois, mon frère, avant de te permettre de dire une parole, prête l’oreille à cette voix qui te cherche, qui t’implore.

Écoute!

Start typing and press Enter to search